Aux Assises des Déchets et de l’Économie circulaire de Nantes, Régions, collectivités, entreprises et acteurs de la filière étaient réunis autour d’un même enjeu : comment passer de la planification des déchets à des stratégies d’économie circulaire concrètes, au service des territoires et des entreprises ?
Mercredi 30 septembre, l’atelier « Déchets et économie circulaire : alliance Région-Territoires-Entreprises » a permis de croiser les regards et les expériences sur les conditions de réussite d’une action collective à l’échelle régionale et territoriale.
Animé par Jean-Michel Buf, Conseiller régional des Pays de la Loire, élu référent économie circulaire et déchets de Régions de France et Président du Conseil national de l’économie circulaire, coordonné par Anne-Sophie de Kerangal, Cheffe du service Economie circulaire à la région Ile-de-France, l’atelier a réuni Corinne Trommsdorff, Directrice générale du Partenariat Français pour les Déchets, Séverine Villabessais, responsable du Pôle Planification écologique de la Région Normandie, Pierre Burette, coordinateur du centre de lavage d’ID VERRE à Val-de-Reuil, ainsi que Ronan Pichon, Vice-Président de la Région Bretagne, et des représentants de Saint-Brieuc Armor Agglomération.
De la planification aux projets
Les Régions occupent une position particulière dans la transition vers l’économie circulaire. Elles disposent à la fois d’un rôle majeur en matière de planification des déchets, notamment à travers les SRADDET, et de compétences en matière de développement économique, d’innovation et d’accompagnement des entreprises.
L’enjeu est désormais de mieux articuler ces différents leviers avec l’action des territoires et les initiatives des entreprises et des filières.
Les échanges ont ainsi montré que la planification régionale doit pouvoir constituer un cadre pour l’action, en permettant d’identifier les besoins, de coordonner les acteurs et de faire émerger des projets répondant aux réalités des territoires.
Des coopérations concrètes dans les territoires
Les expériences présentées par les Régions Normandie et Bretagne ont illustré cette capacité à transformer les orientations régionales en démarches opérationnelles.
Du développement du réemploi et de nouvelles filières à l’accompagnement des entreprises, en passant par la mobilisation des collectivités, ces démarches reposent sur une même logique : mettre en relation les acteurs et créer les conditions permettant aux projets de changer d’échelle.
L’exemple d’ID VERRE a notamment permis d’illustrer très concrètement le rôle que peuvent jouer les démarches territoriales dans la structuration de filières de réemploi. Du côté de la Bretagne, les échanges avec Saint-Brieuc Armor Agglomération ont mis en lumière l’importance de l’articulation entre stratégie régionale et projets portés localement.
Faire de l’économie circulaire une stratégie territoriale
Au-delà de la seule question de la gestion des déchets, l’économie circulaire touche désormais directement aux enjeux de compétitivité des entreprises, de développement économique, de réindustrialisation, d’innovation et de résilience des territoires.
C’est pourquoi son développement suppose une mobilisation coordonnée de l’ensemble des acteurs : État, Régions, collectivités locales, entreprises, filières professionnelles et acteurs de l’économie sociale et solidaire.
Les échanges de Nantes l’ont confirmé : l’enjeu n’est plus seulement de définir les responsabilités de chacun, mais de construire les coopérations permettant de transformer les stratégies en réalisations concrètes.
Pour les Régions, cette capacité d’animation et de coordination renforcées par les compétences depuis la loi anti-gaspillage et économie circulaire de 2020 constitue un levier essentiel pour accompagner les territoires, structurer les filières et accélérer le passage à une économie davantage fondée sur la prévention, le réemploi, la réutilisation et la valorisation des ressources.