Lors de la séance du Conseil supérieur de l’économie sociale et solidaire (CSESS) du 9 juillet, les Régions, représentées par Lynda Lahalle, Conseillère régionale de Normandie déléguée à l’ESS et représentante de Régions de France au sein du CSESS, ont fait le choix de s’abstenir lors du vote sur la stratégie nationale de l’ESS.
Cette abstention n’est pas une opposition. Elle traduit le regret sincère de ne pas avoir pu approuver un texte qui comporte pourtant des avancées :
- reconnaissance du rôle des Régions ;
- clarification du financement des CRESS ;
- outils de financement renforcés ;
- perspective d’un suivi budgétaire plus pluriannuel.
Les Régions saluent le travail conduit par le cabinet du Ministre et par l’équipe de Maxime Baduel, Délégué ministériel à l’ESS. Leur engagement a permis de faire progresser le texte et de préserver un cadre national attendu.
Mais deux réserves demeurent :
- l’absence d’un véritable comité stratégique État-Régions, pourtant indispensable pour articuler stratégie nationale et stratégies régionales ;
- et le maintien d’ambiguïtés sur les compétences des collectivités territoriales. Les Régions n’étant pas des acteurs de l’ESS. Elles sont des collectivités publiques qui portent des politiques, engagent des moyens, arbitrent et assument des choix.
Le contexte budgétaire récent a également pesé. L’incertitude sur les crédits nationaux destinés aux têtes de réseaux fragilise la confiance au moment même où la stratégie appelle un engagement dans la durée.
En choisissant l’abstention et non l’opposition, les Régions et la grande majorité des acteurs de l’ESS ont pris une position responsable : alerter clairement et calmement, sans empêcher l’adoption de la stratégie.
Les Régions resteront engagées pour que ce texte produise désormais des effets concrets dans les territoires, avec une gouvernance clarifiée, des moyens stabilisés et un dialogue loyal entre l’État, les collectivités et les acteurs de l’ESS.