Le 8 octobre, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, s’est adressée au conseil de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) pour présenter le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027. Dans la ventilation de l’effort budgétaire demandé à l’Assurance maladie, elle a annoncé un transfert de 700 millions d’euros vers les complémentaires santé, dont 200 millions d’euros au titre du remboursement des cures thermales conventionnées.
Sur le fond, il ne s’agit de rien d’autre que du déremboursement des cures, car les complémentaires santé n’ont aucune obligation de prendre en charge les soins thermaux.
Cette annonce surprise, qui ne figurait pas dans les mesures d’économies détaillées lors de la présentation du PLFSS en Conseil des ministres, ne détaille rien : ni les modalités du transfert, ni son calendrier d’application.
Encore une fois, aucune méthode donc ! Et cette déclaration est faite, alors que nous ne disposons pas encore de l’évaluation globale de la Haute Autorité de santé, qui doit rendre un avis complet d’ici la fin d’année 2027, après un point d’étape à l’automne 2026.
Cette annonce est une erreur stratégique sur le plan médical, budgétairement très discutable et socialement injuste.
Les cures thermales ne sont ni un luxe ni un simple confort, mais une composante d’avenir du système de santé français et un outil de prévention reconnu pour les 471 000 patients qui suivent chaque année une cure conventionnée, sur prescription médicale ! Un déremboursement partiel ou total inciterait en effet au recours à des alternatives moins efficaces et beaucoup plus coûteuses (traitements médicamenteux chroniques, kinésithérapies répétées, hospitalisations).
Au-delà de la santé, le thermalisme constitue enfin un levier économique majeur. Les retombées indirectes et les emplois induits (hébergement, restauration, commerce local, fournisseurs, activités connexes) représentent des centaines de millions d’euros et des dizaines de milliers d’emplois. 90% des stations thermales se situent dans des communes de moins de 10 000 habitants.
Les Présidentes et Présidents de Régions appellent les parlementaires à rejeter avec force cette mesure, dès l’examen en commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale, à partir du 12 octobre.