Nous ne disposons pas encore de l’évaluation globale de la Haute Autorité de santé, qui doit rendre un avis complet d’ici la fin d’année 2027, après un point d’étape à l’automne 2026. Il est donc prématuré de communiquer des chiffres non consolidés.
Les Présidentes et Présidents des Régions concernées considèrent en outre que ce déremboursement serait une erreur stratégique sur le plan médical, budgétairement très discutable et socialement injuste.
En 2024, ce sont plus de 471 000 patients qui ont suivi une cure conventionnée, sur prescription médicale. Un déremboursement partiel ou total inciterait en effet au recours à des alternatives moins efficaces et beaucoup plus coûteuses (traitements médicamenteux chroniques, kinésithérapies répétées, hospitalisations). Les faibles économies budgétaires immédiates seraient ainsi annulées par des coûts différés bien plus élevés pour l’Assurance maladie.
Par ailleurs, le profil des curistes met en évidence la vulnérabilité de la population concernée : personnes âgées, patients atteints de pathologies chroniques, revenus modestes. Supprimer ou réduire le remboursement reviendrait à réserver l’accès à la cure à une population plus aisée, accentuant ainsi les inégalités sociales de santé, mais aussi le sentiment d’abandon dans des zones déjà fragilisées.
Les cures thermales ne sont ni un luxe ni un simple confort, mais une composante d’avenir du système de santé français et un outil de prévention reconnu !
Les cures sont un acte de soins reconnu scientifiquement : elles font l’objet d’une prescription médicale, sont encadrées par un forfait codifié, comprennent un suivi obligatoire par un médecin thermal et des bilans de santé à l’entrée et à la sortie. Les cures thermales ont un bénéfice médical attesté par de nombreuses études scientifiques, et ce dans diverses indications (rhumatologie, affections respiratoires chroniques, rééducation oncologique, obésité, etc.).
Au-delà de la santé, le thermalisme constitue enfin un levier économique majeur. Les retombées indirectes et les emplois induits (hébergement, restauration, commerce local, fournisseurs, activités connexes) représentent des centaines de millions d’euros et des dizaines de milliers d’emplois. 90% des stations thermales se situent dans des communes de moins de 10 000 habitants.
Dans nombre de ces territoires, l’établissement thermal constitue l’un des premiers employeurs locaux et assure la vitalité du tissu économique. La fermeture d’une station entrainerait non seulement des pertes d’emplois directs, mais aussi la disparition de pans entiers de l’économie locale.