Dix présidents de Région* s’opposent à la création d’une collectivité unique d’Alsace.
Il est des moments où la politique devrait se concentrer sur ce qui compte vraiment. Alors que la France traverse des crises économique, climatique et géopolitique sans précédent, que nos concitoyens attendent des réponses sur leur pouvoir d’achat, sur l’emploi, sur la santé, sur les transports, quelques députés, pour des raisons purement clientélistes, jugent utile d’agiter une nouvelle fois le vieux débat de la réorganisation territoriale.
Le 7 avril, l’Assemblée nationale examinera donc une proposition de loi pour créer une « collectivité unique » d’Alsace qui signifierait de facto une sortie de la Région Grand-Est. Cette proposition de loi s’inscrit parfaitement, pour ne pas dire au mot près, dans les exigences de l’extrême droite, qui a fait du démantèlement des Régions l’un de ses chevaux de bataille.
Nous tenons à dire ici pourquoi cette initiative constitue une faute non seulement institutionnelle, mais surtout politique et historique.
On y prétend d’abord simplifier le millefeuille territorial en y ajoutant une couche supplémentaire ! C’est en effet ce que prévoit concrètement la proposition de loi : une collectivité unique d’Alsace qui viendrait contourner une Région Grand-Est. Autrement dit, les Alsaciens auraient à naviguer entre les communes, les intercommunalités, la collectivité unique, la Région et l’État, avec des compétences partagées et des coopérations à négocier en permanence.