Dossier

« La Région en appui de l’économie de proximité »

Normandie
3 QUESTIONS À… Philippe Perfetti, directeur du CFA de la Chambre de métiers et de l’artisanat de la Seine-Maritime

Quelles relations avez-vous aujourd’hui avec la Région Normandie ?

Philippe Perfetti, directeur du CFA de la Chambre de métiers et de l’artisanat de la Seine-Maritime. Photo DR
Philippe Perfetti, directeur du CFA de la Chambre de métiers et de l’artisanat de la Seine-Maritime. Photo DR

P.P. Notre CFA forme 1 200 apprentis sur ses trois sites de Dieppe, Rouen et Le Havre, aux métiers de l’alimentation de détail, de la vente, de la fleuristerie, de la cuisine et de la coiffure. Des formations de niveaux IV et V. Nous entretenons avec la Région un dialogue soutenu, transparent et fructueux. La Région s’engage pour nos investissements : elle a financé à hauteur de 80 % notre site de Rouen inauguré l’année dernière. Elle est également à nos côtés pour nos projets innovants, comme le numérique ou notre partenariat avec la Chine.

Pourquoi faut-il que les Régions conservent leur compétence apprentissage ?

P.P. La Région est garante de la cohérence de la carte des formations. Elle peut adapter son soutien aux besoins des entreprises du territoire. Considérer par exemple que la formation d’un CAP boulanger peut coûter plus cher à Dieppe qu’au Havre, pour des raisons de bassin de recrutement et de mobilité. Mais elle s’y retrouve à long terme car l’apprentissage vient en appui de l’économie de proximité. Elle garantit aussi un traitement équitable aux apprentis, qui touchent les mêmes aides. Elle accompagne le développement de la citoyenneté, l’accès à la culture… Cette entrée service public convient à l’apprentissage qui reste une formation initiale.

Et si demain l’apprentissage est confié aux branches ?

P.P. Nous travaillons déjà avec elles, notamment au sein de notre conseil de perfectionnement, et je ne demande pas mieux que de préparer avec elles l’ouverture de nouvelles sections. Le risque que je vois, c’est que nous ne puissions plus offrir les mêmes garanties de développement, selon les métiers auxquels nous formons. En termes de capacités financières, de prospective, les disparités entre les branches sont importantes. En outre je ne suis pas certain qu’une branche au niveau national puisse accorder aux CFA la même attention que la Région. Enfin, cela pourrait remettre en question la réimplantation de notre site au Havre, pour lequel la Région a gelé ses crédits dans l’attente des décisions du gouvernement.

Contact

Philippe Perfetti
philippeperfetti@cm-76.fr