lundi 28 novembre 2022
12 octobre 2022

Normandie : la qualité de l’air normand sous haute surveillance

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La pollution de l’air représente la troisième cause de mortalité en France, après l’alcoolisme et le tabagisme ! En Normandie, la qualité de l’air est surveillée de près. C’est la mission d’Atmo, association agréée de surveillance de la qualité de l’air soutenue par la Région. Les études qu’elle réalise quotidiennement guident les autorités dans les mesures à prendre pour préserver la santé des habitants.

On respire 15 000 litres d’air par jour en moyenne

Chaque jour, la respiration d’un adulte sollicite 15 000 litres d’air en moyenne, ce qui représente environ 10 litres par minute. En marche rapide, cette quantité s’élève à 30 litres, et même jusqu’à 100 litres par minute en vélo intensif ou en course d’endurance.

Et la dégradation de l’état de l’air se fait vite ressentir sur la santé humaine : en France, le coût sanitaire engendré par la pollution de l’air a été évalué à 100 milliards d’€ par la commission d’enquête du Sénat de juillet 2015. D’où l’importance de garder un œil sur l’évolution des pollutions, afin de mieux s’y adapter, de mieux les anticiper mais aussi de mieux les limiter.

20 actions pour limiter les polluants

Essentielle à la vie sur terre et enjeu majeur de santé publique, la préservation de la qualité de l’air dans l’atmosphère fait l’objet d’accords internationaux. En France, le code de l’environnement reconnaît le droit de respirer un air qui ne soit pas nuisible pour la santé, mais l’évaluation et la gestion de la qualité de l’air sont gérées à l’échelle européenne, L’Organisation mondiale de la santé (OMS), pour sa part, préconise des lignes directrices qui structurent les normes européennes ou nationales.

A l’échelle de la Normandie, c’est le Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET) qui fixe les objectifs et les programmes d’action concernant la qualité de l’air.

Dans les agglomérations de plus de 250 000 habitants, comme Rouen, ou dans les zones les plus susceptibles de dépasser les seuils, un Plan de protection de l’atmosphère (PPA) est obligatoire. Il a pour objectif de “ramener les concentrations de polluants dans l’air ambiant à un niveau inférieur aux valeurs limites réglementaires”, indique Atmo.

Depuis 2014 en Normandie, un PPA s’applique aux départements de l’Eure et de la Seine-Maritime. Il vise à travers 20 actions à réduire les émissions de polluants, maîtriser l’urbanisation, prévenir et gérer les pics de pollution et réduire l’exposition des populations aux polluants atmosphériques. Il est actuellement en révision et, pour accroître son efficacité, son futur périmètre se concentrera sur la vallée de la Seine.

Rouen prend la qualité de son air en main

En Normandie, la pollution de l’air serait responsable d’environ 2 600 décès prématurés, d’après une étude de Santé Publique France, les transports étant une des principales sources d’émissions de polluants. Pour faire face au problème, la Métropole de Rouen a signé fin 2018, avec ses partenaires institutionnels, l’Accord de Rouen pour le climat avant, un an plus tard, d’adopter une série d’actions dans le cadre du Plan Climat Air Énergie Territorial (PCAET).

Ce plan vise à favoriser “la transition énergétique du territoire, en augmentant la production d’énergies renouvelables et en réduisant l’impact des activités en termes d’émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques“. Celles-ci intègrent entre autres l’agriculture et la forêt, les déchets, la ville de demain, ou encore l’air.

Comment bien identifier les sources de pollutions ?

De l’échelle locale à l’échelle planétaire, les polluants peuvent être de diverses origines.

  • les polluants dits “primaires” sont directement émis par une source (comme les oxydes d’azote émis par les pots d’échappement par exemple)
  • les polluants dits “secondaires” sont issus de réactions chimiques entre différents composés présents dans l’air. C’est le cas notamment de l’ozone, qui se crée sous l’action des rayonnements solaires lorsqu’ils sont en présence d’oxydes d’azote ou de composés organiques volatils (COV).

La nature des sources est généralement couplée aux divers secteurs d’activités du territoire. Agriculture, transports, tertiaire, industries… les sources de polluants et de chacun des produits sont généralement bien identifiées, révélées notamment sur les modélisations et les cartographies réalisées par Atmo.

45 stations de mesure en Normandie

Grâce à ses 45 stations de mesures automatiques de la pollution et ses laboratoires mobiles, Atmo Normandie a une vision de la présence des polluants atmosphériques sur l’ensemble du territoire.

Parmi les composés chimiques évalués, on trouve notamment l’ozone, les oxydes d’azote, les particules fines et poussières, le dioxyde de soufre, le monoxyde de carbone, certains hydrocarbures, les métaux lourds, le benzène ainsi que certains composés organiques volatils.

Enfin la Normandie a mis en place un réseau de bénévoles capables de reconnaître les odeurs et de les caractériser objectivement, les “Nez-normands”.

Le danger des particules fines

Les particules fines représentent une part non négligeable des polluants surveillés. Triées par taille, on distingue :

  • les PM 10 (diamètre inférieur à 10 micromètres) principalement issues de l’agriculture
  • les PM 2,5 (diamètre inférieur à 2,5 micromètres) issues du brulage de déchets à l’air libre, du chauffage individuel au bois avec des installations peu performantes et du trafic routier.

En 2015, 18 125 tonnes de PM 10 et 9 556 de PM 2,5 ont été émises en Normandie. 

Selon leur taille et leur composition, leurs effets sur la santé humaine peuvent varier. Dans certains cas, même à faible concentration, ces particules peuvent favoriser les pathologies cardiovasculaires et respiratoires, et dans certaines situations peuvent même entraîner le décès. Les particules fines pourraient également favoriser l’apparition de maladies neurodégénératives ou de maladies chroniques comme le diabète.

La situation de la Normandie participe à l’accroissement des concentrations de particules fines. Les hivers froids maintiennent les particules au sol, tandis que les épisodes de beau temps printanier favorisent l’arrivée de particules fines par les masses d’air continentales venant des pays du nord-est, comme la Belgique, les Pays-Bas et le nord de l’Allemagne.

Oxydes d’azote et ozone : des gaz à surveiller de près

Particulièrement étudiés, les oxydes d’azote sont principalement émis lors des combustions, en particulier liées aux véhicules diesel. Substances très irritantes pour les voies respiratoires, elles peuvent aussi avoir des effets cardiovasculaires, sur le diabète, ou causer des cancers. Elles peuvent également interagir chimiquement avec d’autres composés atmosphériques et former de l’ozone, autre gaz très surveillé.

Entre 2014 et 2019, les moyennes annuelles observées ont régulièrement dépassé la valeur limite réglementaire à proximité du trafic routier de Rouen, constituant pour les autorités une problématique prioritaire.

« En Normandie, sur les 10 dernières années, l’augmentation des concentrations moyennes annuelles d’ozone est comprise entre +8% et +26% suivant les sites de mesure. » GIEC normand

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