5 avril 2022

Bourgogne-Franche-Comté : tourisme – encore plus durable ?

Annulées en 2020, proposées en visio en 2021, les rencontres régionales du tourisme ont retrouvé leur format habituel, jeudi 31 mars 2022 : 300 professionnels (élus, prestataires de services, offices de tourisme, hébergeurs, …)  se sont retrouvés à Besançon pour le rendez-vous annuel dédié au développement du tourisme régional. Dans son propos introductif, la présidente de Région Marie-Guite Dufay a donné le ton de la journée : « On doit aller vers un tourisme encore plus durable, plus social, plus solidaire ». Message compris par l’assemblée, le vice-président de la Région Patrick Ayache en tête : « les chantiers sont multiples, mais on a le terroir, la base pour y arriver ».

La conférence de Dominique Sciamma, Président de l’association nationale de promotion du design, a d’abord permis de tracer des perspectives en termes de méthodologie, suggérant d’intégrer toutes les parties prenantes à l’élaboration d’un véritable projet.

La table ronde, intitulée « Quelles compréhensions et quelles mises en pratique du tourisme durable dans les territoires ? » a ensuite donné quelques idées aux professionnels présents dans la salle. Quand Sophie Rapinel, responsable du pôle tourisme à vélo de l’association « Vélo & territoires » citait l’exemple de la « Bretagne sans voiture », Jean-François Barral, directeur général adjoint d’Huttopia, évoquait le travail effectué au sein des parcs naturels du Québec : « En dix ans, ils sont passés de 2 à 6 millions de visiteurs, alors qu’ils ont rendu les entrées payantes. Le tout en renforçant la protection des milieux naturels. »

Pour Frédéric Nau, co-fondateur de la Bulle Verte, la COVID « a été un formidable accélérateur du tourisme durable. Il faut désormais capitaliser avec des actes. » Les exemples sont déjà nombreux en Bourgogne-Franche-Comté. Les stations du ski des montagnes du Jura ont depuis plusieurs années anticipé la fin de la neige à moyen terme. La Région, elle, continue son travail de mise aux normes des infrastructures, « en renforçant encore l’éco-conditionnalité des aides » comme l’a rappelé Patrick Ayache.

Les initiatives se développent aussi de manière localisée, comme le démontre le palmarès de l’édition 2021 du Prix régional de l’innovation touristique, dévoilé en fin de matinée : découverte du Haut-Doubs à dos d’ânes pour personnes handicapées, mise en service d’un système de location de vélos « à domicile » en Saône-et-Loire, ou encore développement d’un hameau de « tiny-houses » -des micro-maisons éco-conçues installées face aux vignes– en Côte d’Or. Ces prix ont été remis par Marie-Guite Dufay, Patrick Ayache et Nathalie Labosse, qui ont aussi annoncé que cette initiative serait relancée cette année.

Un accord-cadre sur la professionnalisation des acteurs du tourisme

« On a un vrai problème de ressources humaines dans nos métiers. En 10 ans, le nombre d’étudiants en BTS Tourisme dans lesquels j’interviens a été divisé par deux » regrette Jean-François Barral. Le secteur peine à recruter. Il souffre aussi d’un manque de professionnalisation des acteurs. C’est pourquoi la Région a signé ce jeudi 31 mars un accord-cadre de trois ans avec le Comité Régional du Tourisme et les Opérateurs de Compétences (OPCO) AFDAS, UNIFORMATION et MOBILITES. Un budget de 1,14 millions d’euros sera dédié au programme, notamment pour financer des certifications et des formations diplômantes dans les domaines de la commercialisation, de la communication, des langues étrangères, le numérique, l’accueil … La Région prendra la plus grosse partie du gâteau à sa charge (450 000 €). Le reste sera pris en charge par les OPCO (338 000 €) et les structures employeurs des bénéficiaires des formations (356 000 €).

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