lundi 28 novembre 2022
7 décembre 2021

Bourgogne-Franche-Comté: la Région accélère ses investissements pour la télémédecine

La Région Bourgogne-Franche-Comté a débloqué une enveloppe de 4 millions d’euros en décembre 2020 pour financer les projets dans le domaine de la e-santé. Bénéficiaire d’une partie de ces fonds, le CHU de Dijon organisait mercredi 24 novembre 2021 une visite de ses installations de télémédecine et des projets destinés à améliorer la prise en charge des victimes d’AVC.

CHU, télémédecine, région, Bourgogne-Franche-ComtéL’épidémie de Covid a donné un véritable coup d’accélérateur à la pratique de la télémédecine en France. Pour limiter les risques de contamination, les médecins y ont eu massivement recours pendant les confinements successifs. En Bourgogne-Franche-Comté, on a comptabilisé 44 000 téléconsultations réalisées par plus de 10 000 professionnels de santé en 2020. C’est quatre fois plus qu’en 2018. La reprise de l’activité en 2021 a évidemment freiné cette progression, mais 6 400 praticiens continuent d’être utilisateurs de la plateforme TELMI, déployée par le Groupement régional d’appui au développement de l’e-santé (GRADeS) et cofinancée par la Région : « C’est l’avenir, a rappelé Pascal Louis, président du GRADeS, lors d’une visite au CHU de Dijon mercredi 24 novembre 2021. « La télémédecine est une des solutions aux problèmes de mobilité et aux déserts médicaux », ajoute Pascal Louis.

La télémédecine, pour sauver des vies

Au CHU de Dijon, on pratique la télémédecine depuis presque 10 ans. Le professeur Yannick Bejot, chef de service neurologie, a présenté les derniers équipements informatiques reçus au sein de son service. L’occasion pour Patrick Molinoz, vice-président de la Région en charge du numérique, Françoise Tenenbaum, conseillère régionale déléguée à la santé, et Cédric Duboudin, directeur de l’innovation et de la stratégie de l’Agence régionale de santé, de venir constater l’efficacité des outils financés par la Région et l’ARS.

« Il y a 30 ans, la Bourgogne faisait partie des régions les plus fragiles en matière de traitement des AVC (accident vasculaire cérébral) rappelle le professeur Yannick Bejot ; Seul le CHU de Dijon disposait d’une unité neurologique ; autant vous dire qu’un AVC en plein Morvan avait très peu de chance d’être traité à temps ; aujourd’hui, grâce à la télémédecine, nous avons deux unités de soins intensifs en neurologie à Dijon et à Chalon-sur-Saône et 19 hôpitaux reliés ; dès qu’un soupçon d’AVC est détecté sur un territoire, nous sommes alertés, nous recevons quasiment en temps réel les résultats des scanners faits par les urgences, nous pouvons communiquer avec les praticiens et les patients en visio. Et nous déterminons les actions à entreprendre. Soit un traitement sur place, soit un transfert en urgence sur Dijon ou Chalon-sur-Saône. » Les résultats sont probants : depuis la mise en place du système, une étude a montré qu’une victime d’AVC était aussi bien prise en charge via la télémédecine que sur place au CHU de Dijon.

Le suivi médical : prochain enjeu de la télémédecine

Au CHU de Dijon, on veut désormais aller plus loin, notamment dans le suivi des patients post-AVC. 30 % d’entre eux sont ré-hospitalisées dans l’année suivant leur accident. L’expérimentation DIVA (Dijon Vascular Project) doit permettre un meilleur suivi de ces patients. Le professeur Bejot peut s’appuyer sur la plateforme de parcours eTICSS, développée sous l’égide de l’ARS et soutenue par la Région : « On l’expérimente depuis un an ; l’idée, c’est de relier tous les professionnels de santé qui interviennent auprès d’un patient post-AVC : infirmier, pharmacien, médecin généraliste et médecins spécialistes. En ville ou à l’hôpital, tous utilisent le même logiciel de suivi du patient, avec des systèmes d’alerte à chaque fois que le patient fait appel à l’un d’entre eux. C’est du suivi intensif qui doit nous permettre, chacun dans nos spécialités, de pouvoir détecter les éventuels signes de récidive. » La télémédecine n’a pas fini de sauver des vies.

La Région n’a pas la compétence santé. C’est le rôle de l’Etat. Mais quand la Région peut mobiliser des fonds qui améliorent à la fois le travail des professionnels de santé, la compréhension par les patients des enjeux de la bonne utilisation des outils numériques, nous pensons que nous sommes dans notre rôle. — Patrick Molinoz, vice-président de la Région en charge des transitions numériques

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