jeudi 29 octobre 2020
2 avril 2020

Bourgogne-Franche-Comté: l’eau de vie n’a jamais si bien porté son nom!

1. Les liquoristes de Côte-d’Or s’organisent

Il y aura moins de crèmes de cassis sur le marché dans les semaines à venir ! Pour la bonne cause : les professionnels du cassis (les entreprises Védrenne, Boudier, Briottet et l’Héritier Guyot) ont accepté de livrer mille litres d’alcool aux pharmacies de la région pour leur permettre de fabriquer du gel hydro alcoolique. La livraison a eu lieu le 18 mars, mais d’autres pourraient suivre si nécessaire.
Lejay Lagoute, qui ne fait pas partie du syndicat des fabricants de cassis de Dijon, a lui aussi tapé fort. Vendredi 20 mars, l’entreprise dit avoir livré 7500 litres d’alcool à 96% à l’hôpital de Dijon, là aussi pour permettre de fabriquer du gel hydro alcoolique.

2. Du côté franc-comtois aussi

Ricard avait lancé l’idée, en offrant 70 000 litres d’alcool pour fabriquer du gel hydro alcoolique. Les distillateurs de Franche-Comté, eux aussi spécialisés dans la transformation de produits anisés, n’ont pas hésité à embrayer.
La distillerie Armand Guy de Pontarlier (25), a cédé “au prix d’achat” 3 000 litres de son stock d’alcool à 96 degrés à des fabricants de gel hydro alcoolique et à des pharmaciens, avec l’accord des douanes.
A Fougerolles-Saint-Valbert (Haute-Saône), la distillerie d’eaux-de-vie et d’absinthe Paul Devoille a fourni de son côté depuis la fin de semaine dernière “à prix coûtant” 500 litres d’alcool à 96 degrés aux pharmacies. Les officines les transforment en gel ou en solution hydro alcoolique après avoir ramené la teneur en alcool “entre 70 et 75 degrés”, a expliqué à l’AFP Hugues de Miscault, le dirigeant de la société.

Dans la même commune, surnommée la capitale de la cerise, la distillerie Peureux, qui emploie 80 personnes, fabrique elle-même des solutions hydro alcooliques, en lui dédiant son atelier principal de production. La ligne “a la capacité de produire de 10 000 à 15 000 litres par semaine” dans un premier temps, pour le centre hospitalier de Vesoul, les pharmacies locales et le personnel soignant de proximité, précise à Bernard Baud, président des Grandes Distilleries Peureux-Massenez.

D’autres producteurs d’alcool tentent également d’apporter leur concours à la crise sanitaire. C’est le cas de la brasserie Rouget de Lisle (Bletterans – 39). Le brasseur de bière n’a pas hésité à offrir près de 2 000 litres d’alcool, qui devaient normalement lui servir à la conception de ses whiskys : « Bien sûr que je suis prêt à sacrifier une partie de ma production ; dans des moments comme celui-là, il faut savoir être solidaire » a indiqué Bruno Mangin, fondateur de la Brasserie jurassienne.

3. Les chimistes apportent leur contribution

Les entreprises spécialisées dans la chimie ont elles aussi adapté leurs productions. Le géant SOLVAY, dont une des plus importantes usines est située à Tavaux (39), a d’abord réalisé un important don de masques et de gel hydro alcoolique aux établissements de santé. Désormais, il se lance dans la production d’eau oxygénée.

La startup Afuludine, situé à Dole (39), a elle complètement réorienté sa production. Spécialisée dans la fabrication de lubrifiants, l’entreprise devait fermer ses portes au début de la crise sanitaire. Mais son dirigeant, Fabrice Lallemand, a finalement décidé de stopper la production de lubrifiants pour fabriquer ce qui est devenu « un bien de première nécessité ».

En cinq jours, l’entreprise a produit 8,8 tonnes de solution, livrées dans les centres hospitaliers de Belfort-Montbéliard, Nevers, Semur-en-Auxois, Cosne-sur-Loire, ainsi que dans certains supermarchés pour protéger les caissières.

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