dimanche 20 août 2017
13 avril 2017

Transition numérique des PME – L’État s’organise, les régions agissent

Le Conseil national du numérique organisait ce mercredi 12 avril une matinée d’échanges sur son avis “Croissance connectée” ; un recueil de recommandations en faveur de la digitalisation des entreprises, remis au gouvernement il y a un peu plus d’un mois. L’occasion pour Christophe Sirugue d’annoncer le renforcement des dispositifs de l’État, mais aussi pour les conseils régionaux d’affirmer leur rôle moteur au plus près des entreprises.

La France est en retard sur la transition numérique des PME : un constat souvent entendu, tant du côté du gouvernement, des collectivités, que des professionnels du secteur. Le 7 avril, ils étaient cinq, dont deux vice-présidents du Conseil national du numérique (CNNum), à signer une tribune dans “L’Opinion” pour alerter les autorités. Ils rappelaient à cet effet, que les entreprises les mieux adaptées au digital croissent jusqu’à six fois plus vite que leurs consœurs encore méfiantes. Des chiffres et des manifestes pas inutiles ; si l’avis du CNNum sur la digitalisation des PME a été salué pour sa qualité, nombreux sont ceux qui trouvent que les dispositifs actuels ne sont pas encore à la hauteur de l’enjeu.  Le 12 avril au matin, les acteurs publics se sont efforcés de montrer qu’ils préparaient des réponses adaptées, alors que le programme Transition numérique, piloté par la direction générale des entreprises (DGE), manque pour l’heure de visibilité.

Les régions musclent leurs dispositifs pour la digitalisation

Avec le renforcement de leur compétence économique par la loi Notr, et la mise en place de plusieurs dispositifs pionniers de financement de la digitalisation des PME, les régions se sont imposées comme un acteur pivot. “La digitalisation commence par le très haut débit”, précise Jean Rottner, vice-président de la région Grand Est et maire de Mulhouse. Or, sur les réseaux d’initiative publique aussi, les conseils régionaux sont de plus en plus incontournables.
Une fois les infrastructures disponibles, pour maximiser les usages, des aides sont souvent nécessaires. La Nouvelle Aquitaine a fait figure de pionnier avec les chèques Transition numérique, accompagnée par quelques autres conseils régionaux. “Nous remboursons 50% des dépenses d’investissement destinées à digitaliser les process d’une entreprise”, précise Jean Rottner. Du côté de la région Centre-Val-de-Loire, c’est un groupement d’intérêt public, RECIA (Région Centre Interactive), qui accompagne les PME, en lien avec la nouvelle agence régionale de développement, Dev’Up. Parmi les initiatives en gestation, le lancement d’un salon régional du numérique, pour renforcer les liens entre patrons des secteurs traditionnels et innovateurs. Le même format se déploie en région Hauts-de-France avec les salons Entreprises et Territoires, copilotés par le conseil régional et Facebook France. “Sur le développement économique et la transition numérique, le conseil régional agit comme une tête de réseau, un animateur pour une démarche horizontale et collaborative”, observe Pierre Commandeur, conseiller régional délégué à l’économie numérique en région Centre-Val-de-Loire.

L’État devrait renforcer son réseau Transition numérique

Le secrétaire d’État en charge de l’industrie, de l’innovation et du numérique, Christophe Sirugue, s’est inscrit dans la lignée des acteurs associatifs, des syndicats et des collectivités, en décrivant la digitalisation des PME comme un “enjeu-clé de l’économie française”. Le réseau Transformation numérique, mis en place au cours de ce dernier quinquennat, devra gagner en visibilité et en importance au sein de la direction générale des entreprises. Le secrétaire d’État a annoncé l’ambition d’en faire une initiative aussi visible que la French Tech. En impliquant des référents en région, ce réseau devra compter sur les collectivités et sur les consulaires pour améliorer la dynamique.

Le croisement de filières, une solution d’avenir pour la digitalisation
Via des appels à projets (AP) et des appels à manifestation d’intérêt (AMI), les régions encouragent de plus en plus leurs principaux secteurs d’activité à mieux connaître les entreprises du numérique et leurs écosystèmes. Du côté des start-up, ces initiatives permettent de multiplier les terrains d’expérimentation et mieux connaître de potentiels débouchés. Bretagne Développement Innovation éprouve cette méthode avec le projet AgreTIC depuis plusieurs années déjà, pour tester des équipements d’agriculture numérique en conditions réelles, grâce à des partenariats avec les chambres d’agriculture. La région lance maintenant un AP “expérimentation d’innovations numériques”, pour étendre ce principe aux autres filières prioritaires du territoire (alimentaire, tourisme, santé, mobilité, etc). Les budgets des projets soutenus devront être supérieurs à 50.000 euros. En région Grand Est, l’AMI Économie numérique, clôturée il y a quelques jours, visait également à ouvrir aux innovateurs les portes des marchés “à fort potentiel de croissance”.

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