Dossier

Expériences d’ouverture à la concurrence

Auvergne-Rhône-Alpes
Exploitation Depuis 2012, la Région a sorti dix liaisons TER routières de la marque SNCF. L’opérateur historique va par ailleurs lancer des appels d’offres pour la révision de rames par le secteur privé.

Dans son rôle d’autorité organisatrice de transport public et de chef de file de l’intermodalité, la Région Auvergne-Rhône-Alpes met en avant la qualité de service offert aux voyageurs et la performance économique des contrats.

En effet, ce qui compte pour les utilisateurs du service public de transport régional, ce sont la régularité et la ponctualité des trains qu’ils empruntent tous les jours, plus que de savoir qui en est l’exploitant. Ils sont aussi particulièrement sensibles à la facilité d’accès à l’ensemble des réseaux (train, autocar, métro, tramway), à l’existence de tarifs et de services multimodaux ainsi qu’à la sécurité. Voilà ce qui peut les convaincre d’abandonner le réflexe automobile en « autosolisme » (une seule personne par véhicule) et de faire davantage confiance aux transports en commun ou au covoiturage.

C’est pourquoi la Région met déjà résolument l’accent sur l’offre nouvelle de services aux voyageurs, y compris sous des aspects innovants : calculateur d’itinéraire, services de mobilité accessibles à tous à partir des sites Web régionaux www.oura.com et www.auvergne-mobilite.fr.

D’ores et déjà, avec une contribution d’environ 550 millions d’euros par an, le fonctionnement du réseau TER Auvergne-Rhône-Alpes est une priorité pour la Région. Celle-ci doit aussi tenir compte d’un contexte de restriction financière et budgétaire qui la conduit à demander non pas « plus » mais « mieux » à l’exploitant du réseau régional.

Demain, quel qu’il soit, l’exploitant devra être responsabilisé, aussi bien sur la prise de risque commercial que sur sa propre organisation, pour encourager les économies à faire et à réinvestir afin de moderniser le service et de garantir sa qualité. 

Des expérimentations concluantes

La Région peut s’appuyer sur une expérience déjà menée à partir de 2012 dans sa partie rhônalpine. Environ 50% des liaisons routières TER ont alors quitté la marque TER de SNCF pour être prises en gestion directe par la Région, dans le cadre de délégations de service public. Celle-ci a alors créé le réseau Cars Rhône-Alpes, constitué de dix lignes régulières. Les exigences de la Région, définies dans son cahier des charges, mettaient l’accent sur la qualité et la performance. Les exploitants, choisis par appel d’offres, ont favorablement réagi. Les utilisateurs, régulièrement interrogés, sont dans leur grande majorité satisfaits du service. La Région peut d’ailleurs régulièrement adapter et améliorer le service, notamment les dessertes.

Autre expérimentation, qui vient d’être lancée par une délibération du 7 juillet : à la demande d’Auvergne-Rhône-Alpes, SNCF va procéder par appel d’offres pour confier à des entreprises la révision à mi-vie de seize rames TER. La mise en concurrence permettra à SNCF de garantir à la Région le meilleur rapport qualité-prix pour des prestations payées à 100 % par la Région.

Il existe donc des solutions, de nature diverse, proches dans leur esprit de la délégation de service public ou des marchés publics, qui peuvent inspirer les Régions, en visant l’amélioration du service offert au public et une meilleure maîtrise ou une diminution de son coût pour le contribuable.

Contact

Bénédicte Constans

benedicte.constans@auvergnerhonealpes.eu