Dossier

« L’agence régionale, une porte d’entrée pour les élus sur la biodiversité »

Centre-Val de Loire
3 questions à… Amanda Miché, directrice de l’environnement et de la transition énergétique, Région Centre Val de Loire

Quelle est la politique de la Région pour la biodiversité ?

Amanda Miché, directrice de l’environnement et de la transition énergétique. Photo DR
Amanda Miché, directrice de l’environnement et de la transition énergétique. Photo DR

A.M. Dans nos compétences obligatoires, nous gérons 3 parcs naturels régionaux dont 2 interrégionaux (la Brenne, Loire-Anjou-Touraine et le Perche) et 5 réserves naturelles régionales. En 2012, nous avons copiloté avec l’État le schéma régional de cohérence écologique et engagé les travaux pour notre système d’information sur la nature et les paysages. Mais depuis 2011 nous allons au delà avec une stratégie régionale pour la biodiversité. Cela consiste à intégrer la biodiversité dans l’ensemble des politiques régionales, comme l’agriculture, l’aménagement du territoire, la recherche. Ainsi dans les contrats régionaux de solidarité territoriale avec les territoires de projet, 5% des crédits sont réservés à la biodiversité et sanctuarisés. Cela représente 2,5 M€ en plus chaque année, l’équivalent de notre budget sur les espaces remarquables. En outre la Région ne signe les contrats que si les élus s’engagent sur une cartographie au 25.000e, de la trame verte et bleue et sur un programme d’action. Pour nous la biodiversité est un facteur de développement sur le territoire. C’est un affichage fort auquel les élus de nos territoires sont sensibles.

Que va apporter la future agence régionale ?

A.M. Aujourd’hui avec nos politiques, celles de l’État, des agences de l’eau, on a des appels à projets, des crédits. Mais on peine à faire sortir des projets concrets sur la biodiversité terrestre sur les territoires hors espaces remarquables. Les intercommunalités n’ont pas l’ingénierie technique, financière pour les monter. L’ARB sera l’entrée vers laquelle les élus se tourneront, elle pourrait avoir un rôle dans l’accompagnement des maitres d’ouvrage par la formation, la mise en réseau, l’échange d’expérience. Elle pourrait fédérer tous les partenaires, les associations, et encourager la mobilisation des citoyens, à l’image du concours « Défi famille énergie positive » que nous soutenons pour le climat.

Quelle sera sa gouvernance et quand sera-t-elle lancée ?

A.M. Depuis 2011, nous avons un établissement public régional, l’EcoPôle, avec les associations nationales comme FNE, la fédération des conservatoires et des têtes de réseau régionale (GRAINE, CEN, FNE CVL…). Il mène des actions de sensibilisation du public, anime l’observatoire régional de la biodiversité… Notre volonté est de partir de l’existant pour bâtir une gouvernance en associant l’État et les départements… On a lancé le chantier en novembre 2016. Un séminaire de travail a réuni 200 participants fin janvier, dont beaucoup d’élus. Le 29 mars notre convention de partenariat a été approuvée par l’Agence française de la biodiversité. En parallèle, nous eu des premiers contacts avec les six départements. Nos deux agences de l’eau, Loire-Bretagne et Seine-Normandie, sont associées au projet ainsi que la DREAL, la délégation régionale de l’AFB. Notre objectif est de créer notre ARB après le vote du Conseil régional, prévu en octobre prochain.

Contact

Maguelone Hedon

maguelone.hedon@regioncentre.fr