jeudi 23 novembre 2017
24 octobre 2017

Atelier du Congrès 2017 : la santé sur les territoires et la médecine du futur, double défi pour la Région

Si les Régions ne sont pas directement dans le soin, elles sont en revanche très présentes dans l’environnement de la santé. L’actualité récente en témoigne. Le rôle de la Région serait donc de façonner le paysage sanitaire. Tel était le fil conducteur de l’atelier “la santé sur les territoires et la médecine du futur, double défi pour la Région“, qui s’est tenu le 28 septembre 2017 lors du 13e Congrès de Régions de France à Orléans, en partenariat avec APMnews.

  • Dans un premier temps, Véronique Lucas, de l’IRDES,[1] a posé le cadre institutionnel et politique du débat en présentant l’évolution de la gouvernance du système de santé à travers la place laissée progressivement aux collectivités locales. Ces quarante dernières années, au nom de la recherche de l’efficience du système de santé, les réformes de la santé se sont inscrites (dans beaucoup de pays) dans un processus de décentralisation des institutions et d’une montée en puissance du local. Du 6ème Plan qui constitue un tournant dans l’esprit du planificateur à la loi Hôpital, Patients, Santé, Territoires (création des Agences régionales de santé) en passant par la création des Schémas régionaux d’organisation sanitaire-SROS (années 90). Désormais, l’uniformité des objectifs n’est plus recherchée, on recherche l’adaptation aux besoins locaux. Les ARS contractualisent à travers de nouveaux partenariats (associations et collectivités locales qui deviennent incontournables car connaisseuses du terrain). Malgré l’absence de compétence légale, les Régions (et les communes) sont largement impliquées dans ce nouveau système qui repose sur la territorialisation, le décloisonnement, une vision globale de la santé, la fluidité du parcours de soins et la réduction des inégalités. Les enjeux de cette nouvelle configuration nécessitent de repenser les modes de l’action publique, la gouvernance sanitaire. La convergence d’intérêts des projets et la coordination des acteurs deviennent incontournables. Cela se traduit par la création des réseaux de soins ville/hôpital, public/privé ; maisons de santé pluridisciplinaires (MSP), conseils territoriaux de santé (CTS), groupements hospitaliers de territoire (GHT…)

Territorialiser la santé

  • Les autres participants à l’atelier ont corroboré l’analyse de l’experte. Ainsi, Anne Bouygard, directrice de l’ARS Centre Val de Loire, a expliqué que l’ARS mettait en oeuvre une vision globale de la santé non réductible aux soins et qui impliquait la prise en compte des connaissances sur les déterminants sociaux et environnementaux de la santé. Les élus locaux et la direction de l’ARS se rencontrent quotidiennement pour partager des diagnostics et trouver des solutions.
  • Françoise Jeanson, élue de Nouvelle Aquitaine et Présidente de la Commission Santé et Formations sanitaires et sociales de Régions de France,  était du même avis. Elle a résumé ainsi la situation : « en France, les soins sont déconcentrés et il faut décentraliser plus avant la santé ». La situation est tellement compliquée que tout le monde essaye de travailler ensemble. Toutes les propositions de solutions sont étudiées.
  • La coordination des acteurs de la santé devient incontournable. Les pratiques avancées, la transversalité des métiers, les coopérations de soins sont l’avenir. L’enjeu est de former sur les territoires pour que les professionnels restent sur les territoires, il faut leur donner envie. Les idées : décentraliser la première année commune des études de santé (PACES) et les derniers stages, travailler sur la maîtrise de stage pour promouvoir la médecine générale. La Région pousse les expérimentations, soutient les innovations (mise en place du du e.learning , de la simulation avec des jeux vidéo en lien avec les entreprises locales pour les formations paramédicales). En soi, la MSP est un bon modèle pour faire de la santé, la volonté de concilier vie professionnelle et vie privée devient importante chez les médecins. Mais il faut faire attention à ce que les MSP ne se fassent pas concurrence. Le Conseil régional est le bon niveau pour penser l’écosystème régional de la santé. Il signe les Contrats locaux de santé quand ils ont dimension e.santé, silver économie, santé des jeunes…
  • Raphaël Tamponnet, Directeur du Développement et des Partenariats à La Poste a décrit sa nouvelle implication dans le champ de la santé et de la silver économie. Livraison de médicaments par les postiers. La Poste est le 1er hébergeur de données de santé. Dans les Landes, une convention pour des dispositifs de détection de la perte d’autonomie a été signée. Les postiers sont formés en gériatrie.

[1] IRDES, Institut de Recherche et de Documentation en Economie de la Santé

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