24 janvier 2018

Nouvelle-Aquitaine: Olikrom, start-up de l’intelligence des couleurs

Trois ans après sa création, Olikrom, start-up spécialisée dans les peintures industrielles innovantes, se lance dans la création d’un site de production à Pessac (33). Retour sur l’explosion fulgurante de cette entreprise de la Deep Tech, issue du monde de la recherche néo-aquitain.

Passer de 450 à 1600 m2 de locaux, c’est le prochain défi d’Olikrom, qui est aujourd’hui installée sur le plateau de transfert technologique ChemInnov de l’ENSCBP (École Nationale Supérieure de Chimie, de Biologie et de Physique) à Pessac (33). Sa spécialité : l’intelligence des couleurs et la création de peintures et encres sensibles aux changements de leur environnement, tels que la perturbation de la température, de la lumière, de la pression ou d’un solvant…
Dans le premier trimestre de cette année, elle déménagera pour un tout nouveau siège, regroupant un centre administratif, son bureau de recherche et développement et une toute nouvelle unité pilote de production. C’est pour accompagner cette montée en charge des équipements – à hauteur de près de 2 millions d’euros – que la Région a voté une aide lors de la Commission permanente du 9 octobre dernier. Les élus régionaux ont ainsi accordé une subvention d’un montant de 650 000 € pour contribuer au financement des investissements matériels dans le cadre du projet.

Un soutien régional renouvelé et déterminant

Ce soutien régional n’est pas nouveau. « Olikrom ne serait pas là sans la Région, explique Jean-François Létard, fondateur et président. Elle est intervenue par tous ses mécanismes dans l’aventure d’Olikrom. » Une aventure remarquable, issue d’un laboratoire de recherche : en 1998, Jean-François Létard, alors directeur de recherche au CNRS, met au point cette technologie de pigments à changement de couleur, résultat de recherches fondamentales menées au sein de l’Institut de Chimie de la Matière Condensée de Bordeaux (ICMCB).

Après huit années de maturation technologique, OliKrom maîtrise aujourd’hui l’intelligence des couleurs et produit des peintures, des encres, des mélange-maîtres fonctionnalisés. Il aura fallu 4 ans en cellule de transfert – pour accompagner le développement de cette nouvelle génération de matériaux révolutionnaires – des rencontres avec Bordeaux Unitec, Aquitaine Développement Innovation (ADI) et l’Incubateur Régional Aquitain (IRA), avant de créer officiellement la start-up en octobre 2014. « C’était le temps de maturation indispensable, explique celui qui est passé du rôle de chercheur à celui de chef d’entreprise en quelques années. Une étape nécessaire pour nourrir le projet, l’enjeu principal étant de faire rencontrer l’innovation et les marchés ».

En trois ans, une croissance fulgurante

Une première levée de fond est conclue en décembre 2014, auprès de Starquest Capital et de Pertinence Invest pour accélérer l’industrialisation de ces produits intelligents.
Et tout s’enchaîne très rapidement… Olikrom a aujourd’hui signé avec près de 50 groupes industriels dans les secteurs de l’aéronautique, la décoration, le marketing, la sécurité, etc., dont Airbus, Safran, Eiffage. Elle emploie 12 personnes et prévoit de nombreux recrutements pour monter en charge avec sa nouvelle unité de production.
Tout en réussissant cette étape de l’industrialisation, indispensable pour être crédible face aux industriels, la jeune pépite Olikrom – avec une moyenne d’âge de l’équipe atteignant les 30 ans – grandit progressivement.« Notre défi d’aujourd’hui est de faire que ce projet de croissance corresponde aussi à des projets d’épanouissements personnels », explique Jean-François Létard, qui place l’éthique de l’entreprise au sommet de ses priorités de dirigeant.

Celle qui fait partie des 30 entreprises françaises sélectionnées par Euronext pour suivre son programme de préparation à l’introduction en bourse, réaffirme son souhait de se développer en Nouvelle-Aquitaine. Olikrom est bien implantée en région, et compte y rester. Jean-François Létard l’affirme : “Nous souhaitons rester à côté du tissu universitaire, fertile et berceau des futures technologies. Et si nous nous développons comme prévu, nous investirons dans de nouveaux sites à l’extérieur de l’agglomération bordelaise, mais assurément toujours en région“.

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