dimanche 27 septembre 2020
2 juin 2020

Normandie: confinement, les lycéens racontent

Enrichissants pour certains, paisibles ou monotones pour d’autres… Comment les lycéens normands ont-ils vécu la crise du covid 19, le confinement, les cours à distance et les nouveaux rapports avec leurs professeurs ?

Confinement : les lycéens normands racontent

De ce confinement imposé, va-t-on voir apparaître une génération d’individualistes accros aux écrans ou des jeunes engagés, plus proches de leur famille ? Scolarisés aux lycées Marguerite de Navarre à Alençon, Malherbe à Caen, Descartes-Maupassant à Fécamp et Jeanne d’Arc à Rouen, cinq d’entre eux témoignent sur cette période sans précédent.

Les cours à distance

Si pendant les premières semaines du confinement, la motivation était au rendez-vous, la plupart des lycéens avoue avoir connu une forte démobilisation à partir des vacances de Pâques. « Au début, j’étais plutôt motivé, c’est là que j’ai le plus travaillé, notamment en anglais car c’était le seul cours virtuel dispensé », souligne Léo, en Terminale S au lycée Malherbe. Même impression pour Tiffany, en Terminale littéraire au lycée Marguerite de Navarre : « mi-mars et début avril, j’arrivais à m’organiser en fonction du travail scolaire qui arrivait par mail mais cela a chuté. Sans cadre scolaire, sans avoir la stimulation des autres camarades, c’est compliqué, de savoir se gérer. C’est une autonomie forcée et je n’arrive pas toujours à travailler seule. D’autant plus qu’habituellement je suis à l’internat et que les échanges avec mes copines me manquent ». Abel, en Terminale STMG au lycée Jeanne d’Arc confirme : « ce n’est pas facile quand il y a moins de monde derrière mon dos » et Théo, en Terminale littéraire au lycée Malherbe, ajoute qu’il ne voit plus l’enjeu des cours, les notes n’étant pas comptabilisées !

Je préfère les cours en classe pour le côté interactif, Théo en Terminale L au lycée Malherbe à Caen

Agathe, élève de Première au lycée Descartes-Maupassant, explique s’être plutôt bien organisée, travaillant deux heures le matin et autant l’après-midi : « Franchement, avec les profs cela se passe bien. On leur envoie des messages quand on n’a pas compris et ils nous répondent rapidement ». Théo précise que « la relation avec les profs se passe plutôt bien. Pendant le confinement, lors des cours en visio, ils prenaient de nos nouvelles. Cela dit, je préfère les cours en classe pour le côté interactif ». Léo aussi a réalisé que le contact quotidien avec les enseignants lui manquait.

Les activités confinées

« Le plus difficile dans le confinement ? Ne pas pouvoir sortir avec mes amis et surtout ne plus faire du handball que je pratique depuis 8 ans en club ! » s’exclame Léo. Alors pour passer le temps et sachant qu’il a son bac selon les dernières annonces du ministère de l’Education nationale, le lycéen a apprécié jouer aux jeux vidéo en ligne avec ses copains. Si Tiffany confesse qu’elle aussi a passé beaucoup de temps sur les écrans : « j’ai également peint et dessiné, avec ma mère nous avons fait un petit jardin sur notre balcon ». Quant à Agathe, en dehors d’une pratique intensive du téléphone et de ses diverses applications, elle a passé le temps en regardant des films, en écoutant de la musique et en cuisinant. Abel, qui réside dans un quartier calme de Rouen, a pratiqué le vélo tous les jours et apprécié les barbecues dans le jardin avec ses parents : « Cela m’a rapproché d’eux ». Théo, qui se dit casanier et solitaire, a peu changé ses habitudes et a continué à pratiquer son sport, le parkour street, mais dans le jardin de son père.

Les changements opérés ou à venir

Pendant la période de confinement, Léo a découvert le plaisir de cuisiner et Agathe a fortement progressé en informatique « bien obligée ! ». Abel et Théo ont vécu ce moment comme des bonnes vacances sportives.

J’ai réalisé combien certaines personnes pouvaient être isolées et cela m’a donné envie d’agir et de m’engager, Tiffany en Terminale L au lycée Marguerite de Navarre à Alençon. 

Au-delà des simples loisirs, cette période insolite est propice à la réflexion. Agathe explique avoir pris conscience de la valeur de ce qu’est la « liberté en temps normal » et ce que peut entraîner sa privation. A l’inverse, Théo a le sentiment d’avoir gagné en indépendance car il a moins besoin de relations sociales. Abel espère que des pays comme les Etats-Unis vont prendre conscience de l’importance d’avoir un système de santé publique. Tiffany, quant à elle, a découvert la gravité des violences faites aux femmes en surfant sur les réseaux sociaux pendant les deux mois de confinement : « J’ai réalisé combien certaines personnes pouvaient être isolées et cela m’a donné envie d’agir et de m’engager ».

Découverte de l’autogestion, autre regard sur leurs enseignants, espoir que cette épidémie rende les humains meilleurs…  Ces témoignages sont pleins d’espoir ! Si l’incroyable capacité d’adaptation des jeunes ne date pas d’aujourd’hui, la situation actuelle révèle néanmoins qu’ils ne la subissent pas mais l’analysent, l’enrichissent, pesant le plus et le moins, conscients de ce qu’ils veulent sauver du « monde d’avant » et ce qu’ils souhaitent transformer demain.

Record de connexions à l’ENT

133 958 lycéens sont scolarisés en Normandie dans 146 lycées publics et 107 lycées privés.

Depuis le confinement, les connexions quotidiennes sur l’Educ de Normandie, l’Espace de travail numérique de travail pour les lycéens normands ont fortement progressé : 187 289 connexions (record établi le 30 mars) et un minimum de 18 461 connexions le 19 avril pendant les vacances scolaires. Soit une moyenne de 150 000 connexions par jour sur l’ENT !

Parents, lycéens, aidez-nous à en apprendre davantage sur les impacts du confinement dans la continuité pédagogique en répondant au questionnaire en ligne avant le 1er juin !

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