vendredi 03 juillet 2020
17 décembre 2019

Centre-Val de Loire: une Région 100% santé

Le 26 novembre 2019, la Région Centre-Val de Loire présentait une Plateforme de mobilisation et d’engagement pour une «Région 100 % santé». La création de 150 postes de médecins salariés par la Région est la proposition phare de ce projet de 4 ambitions et 20 priorités, débattu lors d’une séance extraordinaire des élus régionaux et des membres du CESER.

En Centre-Val de Loire, le nombre insuffisant de médecins, la démographie de la profession et l’inégale répartition sur le territoire contribuent à créer ce qui est parfois ressenti par les habitants comme une véritable rupture du pacte républicain. La Région se caractérise en effet par une densité médicale parmi les plus faibles de France, avec un vieillissement accentué du corps médical.

Face à ce constat, la Région  figure parmi les premières collectivités territoriales à s’être mobilisée pour remédier à ce problème de désertification médicale qui génère une vive fracture sociale et territoriale.

La santé est un droit fondamental, et la Région Centre-Val de Loire est mobilisée depuis 2005 pour mettre en œuvre des moyens et des interventions afin de relever le défi de l’accès à la santé.

Le défi de l’accès aux soins partout et pour tous

Face à une désertification médicale qui s’est intensifiée et des besoins qui se sont accrus, la Région a intensifié son engagement dès 2012, au-delà de ses compétences, pour réduire les inégalités sociales et territoriales, en mobilisant tous les leviers disponibles pour faire face au défi de l’accès aux soins partout et pour tous.

Au regard des projections statistiques à l’horizon 2030, la Région est extrêmement mobilisée face à des inégalités qui pourraient se renforcer encore davantage. Elle fait le choix d’intensifier ses actions de prévention, de formation, de recherche et de lutte contre la désertification médicale.

 

L’augmentation des besoins médicaux tant dans le secteur urbain que dans les zones rurales, tant en généralistes qu’en spécialistes, et l’absence de réponse unique et unilatérale pour y répondre, imposent des mesures fortes et impactantes dans les politiques nationale et régionale, pour relever le défi d’une médecine pour tous, sur tous les territoires.

La responsabilité de l’Etat n’est plus assurée

Malgré la création en quelques années de près de 100 lieux de santé (MSP, centres de santé) rassemblant plus de 1 000 professionnels de santé sur le territoire régional, la Région manque encore de médecins et professionnels de santé, et le maillage territorial ne permet pas encore de répondre à tous les besoins.

L’Etat a une responsabilité centrale pour l’accès aux soins, c’est l’une de ses toutes premières responsabilités, mais qui n’est aujourd’hui plus assurée.

Alors que les inégalités sociales et territoriales en matière d’accès aux soins se sont fortement accentuées et que notre pays connait une crise de son système de santé et une grave dégradation des conditions d’exercice de ses professionnels de santé, il est urgent d’amplifier les actions, d’innover et d’apporter collectivement des solutions concrètes à la hauteur des enjeux.

 

Ainsi, alors que la loi « Ma Santé 2022» porte un certain nombre d’engagements, alors que la réforme des études de médecine va débuter et remettre enfin en cause le «numerus clausus», alors que la stratégie nationale e-santé est annoncée, le Conseil régional, aux côtés du CESER, a engagé une mobilisation maximale pour relever le défi de l’accès aux soins sur son territoire.

La Région Centre-Val-de-Loire, considérée comme territoire d’anticipation par l’ARS, souhaite être reconnue comme territoire de différenciation et d’expérimentation par l’Etat, afin de pouvoir activer de nouveaux leviers, et agir plus fortement dans l’intérêt de ses habitants et ses territoires.

Le choix d’une démarche participative et partenariale

Pour porter la voix des territoires, le Conseil régional et le CESER ont engagé une mobilisation générale dont le premier acte a été un travail de concertation entre les mois de juillet et d’octobre 2019 pour recueillir toutes les propositions et toutes les bonnes pratiques.

Une vingtaine d’auditions ont été conduites et une soixantaine d’acteurs ont été mobilisés dans le cadre d’ateliers de réflexion organisés autour des thèmes suivants :

  • Attractivité territoriale,
  • Accès aux soins,
  • Prévention et promotion de la santé,
  • E-santé,
  • Formation.

La Région s’est mise à l’écoute des habitants concernant leurs difficultés d’accès aux soins. Une enquête en ligne a été conduite du 18 septembre au 28 octobre, et a recueilli plus de 2 400 contributions.

Sans surprise, 96% des sondés déclarent des difficultés d’accès aux soins (avec pour 36% l’absence de médecin traitant et 80% des délais trop longs pour obtenir un rendez-vous) et 54% déclarent avoir renoncé aux soins au moins une fois.

Par ailleurs, les membres de la Conférence Territoriale de l’Action Publique (CTAP) qui regroupe les 6 Départements, les Métropoles, les Agglomérations et les représentants des Communautés de Communes, ont échangé le 15 octobre dernier sur cette priorité majeure pour la Région. Beaucoup de collectivités prennent une part active pour favoriser des solutions d’accès aux soins sur leurs territoires.

Séance extraordinaire Région-CESER: une nouvelle étape pour «une Région 100% santé» !

Quatre ambitions et 20 priorités ont été présentées lors de la séance extraordinaire du 26 novembre 2019:

  • Une région d’anticipation pour la formation et l’installation d’un nombre accru de médecins et de professionnels de santé;
  • Une région d’anticipation pour l’accès aux soins dans la proximité de chaque territoire ;
  • Une région d’anticipation pour une approche globale et exigeante de la prévention et la promotion de la santé ;
  • Une région d’anticipation pour le renforcement de l’attractivité territoriale.

Dans ce cadre, la Région s’engage à créer d’ici 2025 150 postes de médecins salariés au sein des Centres de Santé répartis sur l’ensemble du territoire, avec une priorité sur les territoires en carence.

Pour développer l’attractivité de son territoire, la Région demande à l’État :

  • d’être Région expérimentatrice pour la mise en place du conventionnement différencié, qui permettra une rémunération de la consultation plus élevée sur les territoires marqués par le manque important de médecins.
  • d’être Région expérimentatrice pour la mise en place de la généralisation du Tiers-Payant.

Pour être efficace, la mobilisation doit impérativement se traduire par une augmentation très significative du nombre de médecins formés en région Centre-Val de Loire et un accroissement tout aussi significatif des moyens attribués à la faculté régionale de médecine de Tours et aux hôpitaux pour former leurs étudiants et les internes.

Dans le cadre  de la réforme des études de médecine, la Région demande à l’Etat de porter le nombre d’étudiants en 2ème année et le nombre de places d’internat à 300 dès 2021 et à 340 dès 2023. Elle s’engage de son côté à répondre aux besoins des universités liées à l’accueil d’un nombre plus important d’étudiants en médecine et à développer l’information et l’orientation des lycéens.

 

Les prochaines étapes

 

Les axes de mobilisation concernant la responsabilité de l’État seront portés collectivement vers la ministre de la Santé.

Les engagements concernant directement la Région se concrétiseront dans des programmes d’actions soumis au vote des élus.

Un comité de suivi de la mise en œuvre de cette plateforme de mobilisation et d’engagement regroupera élus régionaux et membres du CESER.

Ce comité interviendra en anticipation auprès du Ministère et de l’ARS pour dégager des solutions conduisant à « une Région 100% Santé ».

Le dossier de presse

 

 

 

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