vendredi 20 janvier 2017
30 juin 2016

Les Régions françaises au deuxième « Medcop » les 18 et 19 juillet à Tanger

MEDCOPCLIMAT_4x3_VF

Les Régions françaises participeront les 18 et 19 juillet prochain à Tanger (Maroc) au deuxième Forum méditerranéen pour le climat «MedCOP Climat »,  avant la COP22, prévue du 7 au 18 novembre à Marrakech.

A Tanger, Benoît Faucheux, président de la Commission Développement durable et transition énergétique de l’ARF, interviendra dans l’atelier « Enjeux climatiques, dégradation des sols, sécurité alimentaire et précarité ».

L’ARF et son groupe « systèmes alimentaires territorialisés (SAT) » ont travaillé sur l’importance de la gouvernance territoriale de l’alimentation comme outil de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre et de développement durable.

Un exercice de prospective conduit par l’Inra et Pluriagri pour la région ANMO (Afrique du Nord & Moyen-Orient) montre une forte progression de l’insécurité alimentaire dans cette zone à l’horizon 2050 dans un scénario tendanciel prenant en compte les effets du changement climatique. Dans ces conditions critiques, les auteurs du rapport préconisent d’agir sur 3 leviers en les combinant :

  • l’innovation technique en agronomie et zootechnie (marge de progrès des rendements de l’ordre de 20 %) ;
  • la réduction des pertes et gaspillages (gisement de mobilisation supplémentaire de 10 à 20 % de la production) ;
  • la réhabilitation de la diète méditerranéenne (limitation de la consommation de produits animaux, de sucres et d’huiles végétales).

Le secteur agricole et agroalimentaire présente une situation préoccupante en Méditerranée. Tous les pays de la région sont déficitaires à l’exception de la France, de l’Espagne et de la Turquie, ce qui traduit un potentiel productif faible dans les autres pays et/ou des politiques publiques peu stimulantes, s’accompagnant d’importations massives de produits alimentaires (40 % de la consommation dans les Pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée). La dépendance externe ne cesse de s’aggraver. La facture alimentaire extérieure des pays méditerranéens s’élève à 212 milliards de dollars au nord et 75 milliards au sud.

A cette fragilité économique s’ajoutent des problèmes de malnutrition (expansion rapide des maladies chroniques d’origine alimentaire telles que l’obésité, les pathologies cardio-vasculaires, certains cancers et le diabète de type 2), avec la disparition de la diète méditerranéenne au profit d’une alimentation industrielle de type occidental. De plus, la déprise agricole foncière, la raréfaction des ressources en eau et le changement climatique compromettent l’augmentation de la production locale.

La mise en place de « systèmes alimentaires territorialisés » (SAT), définis comme des «ensembles cohérents et coordonnés de filières agroalimentaires localisées dans un espace géographique de dimension régionale », peut contribuer à la résilience des populations rurales, des systèmes agricoles et alimentaires face à des crises d’ordre environnemental, mais aussi économique, social, et politique. En effet, les SAT mobilisent :

  • la biodiversité locale et donc des espèces animales et végétales adaptées aux contraintes agroclimatiques des zones utilisées pour la production agricole ;
  • les ressources renouvelables de la biomasse cultivée et non cultivée pour produire les intrants nécessaires, notamment énergétiques ;
  • des itinéraires technologiques privilégiant une gestion raisonnée des ressources naturelles (terre et eau) et une économie circulaire (écoconception, recyclage des déchets).

Le premier Medcop s’était tenu à Marseille les 4 et 5 juin 2015, à l’initiative de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Partager cet article :

About rdfadmin

  • Email

Ajouter un commentaire

Champ requis *