lundi 19 novembre 2018
18 octobre 2018

Hervé Morin: “le Président veut changer de logiciel dans sa relation avec les collectivités”

Dans un entretien publié le 16 octobre 2018 par “Acteurs publics”, le président de Régions de France salue la promotion de Jacqueline Gourault à la tête d’un ministère des Territoires aux contours élargis. Et espère que le “changement de logiciel” à l’endroit des collectivités promis par le Président de la République sera bien mis en œuvre par le gouvernement.

La nomination de Jacqueline Gourault à la tête d’un grand ministère de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales vous satisfait-elle ?
Nous demandions un interlocuteur au sein de l’exécutif alors que n’en avions pas dans les précédents gouvernements. Nous l’avons enfin : c’est une une avancée satisfaisante. Jacqueline Gourault est par ailleurs une femme qui a de l’expérience : elle est une ancienne élue et connaît très bien le fonctionnement des collectivités territoriales. Elle a du caractère, elle est directe et correcte, ce n’est pas quelqu’un de “tordu”. Donc il n’y a pas de raison que cela se passe mal. Mais tout dépendra de l’orientation que décidera le président de la République. C’est de l’Élysée que se jouera véritablement l’avenir des relations entre l’État et les territoires.

Ses attributions sont élargies, avec notamment une tutelle de son ministère sur la très stratégique direction générale des collectivités locales (DGCL). Est-ce un bon message adressé aux collectivités ?
Il est évident que le transfert de la direction générale des collectivités locales est un signe qui sera apprécié. Ce n’est pas anecdotique. Mais je le répète : il faut d’abord et avant un tout une volonté de l’exécutif de changer la nature de nos relations. Mes conversations récentes avec Jacqueline Gourault et avec le chef de l’État, que j’ai rencontré aujourd’hui (mardi 16 octobre) me donnent le sentiment que cette volonté est là. Acceptons-en l’augure.

Que vous a dit Emmanuel Macron, que vous avez rencontré à l’Élysée ce mardi 16 octobre ?
J’ai largement évoqué avec lui ce que j’avais déjà formulé devant le Premier ministre à l’occasion de notre appel de Marseille [le 27 septembre, lors du congrès de Régions de France, ndlr] : il faut amorcer une nouvelle étape de la décentralisation et non pas une recentralisation, comme nous le constations depuis plusieurs mois. Le président de la République est allé dans ce sens : il m’a indiqué vouloir changer de logiciel dans sa relation avec les territoires. Nous avons évoqué de nombreux sujets et des solutions nouvelles et partagées pour les aborder. Nous verrons maintenant la mise en œuvre.

Quelles sont ces solutions nouvelles ?
Nous devons être pleinement associés à la construction des politiques publiques pour lesquelles nous sommes les principaux opérateurs. Nous devons instaurer de vrais moments de dialogue et non des procédures aussi formelles que la Conférence nationale des territoires. Il faut aller vers l’expérimentation sur les enjeux pour lesquels la gouvernance publique doit être améliorée. Je pense par exemple à la problématique de la formation et de l’emploi, à la gestion des crédits européens, au deuxième pilier de la politique agricole commune… L’ancien ministre de l’Agriculture voulait, en la matière, une recentralisation, ce qui serait une erreur grave.

Lors de la passation de pouvoirs avec Jacques Mézard, Jacqueline Gourault a évoqué “un travail de couture”, pour lequel chaque partie, le gouvernement comme les collectivités, doit œuvrer à un rapprochement. Y êtes-vous prêts ?
Naturellement ! Nous avons toujours expliqué que nous n’étions pas dans une posture politicienne. Cela n’a pas changé ! Les Régions ont rendez-vous le 19 octobre pour un déjeuner de travail avec le Premier ministre. Nous verrons alors si ce que nous disent aujourd’hui le président de la République et le gouvernement correspond à la réalité.

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