vendredi 07 août 2020
14 janvier 2020

Un forum “l’innovation en actions à travers les pactes régionaux d’investissement dans les compétences”

régions, France, compétences, plan, formationUn forum d’échanges entre acteurs s’est tenu le 16 janvier 2020 à la Maison de la Mutualité à Paris, en partenariat avec Régions de France. Le sujet: “l’innovation en actions à travers les pactes régionaux d’investissement dans les compétences”.

Ce premier  forum national d’échanges et de valorisation des actions menées dans les pactes régionaux d’investissement dans les compétences (PRIC) était organisé par le Haut commissariat à l’investissement dans les compétences, et co-organisé et animé par Centre Inffo, en partenariat avec les Régions. Parmi les participants, des représentants des Régions, des organismes de formation, des partenaires sociaux, des Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (DIRECCTE), des services de Pôle Emploi, des Centres d’animation, de ressources et d’information sur la formation (Carif) et des Observatoires régionaux de l’emploi et de la formation (Oref) … soit environ 300 personnes inscrites.

L’objet de la journée était de mettre en avant les bonnes pratiques développées avec les pactes: nouvelles modalités d’achats, meilleur repérage des publics, modularisation  des formations, solutions permettant d’alterner formation et emploi, développement de nouvelles formes de formation: actions de formation en situation de travail (AFEST), e-learning…

Georgette BréardValoriser la mobilisation des Régions

C’était aussi l’occasion de valoriser la mobilisation des Régions dans les PRIC, et les enseignements qu’elles en retirent pour améliorer leurs politiques publiques pour l’emploi et la formation, et ouvrir de nouveaux chantiers de travail avec le Haut commissariat pour les prochains mois.

Toutes les Régions étaient représentées à cette journée, souvent par leur Vice-président.e en charge de la formation et de l’emploi, comme Georgette Bréard (Bretagne), Valérie Debord (Grand Est), André Martin (Pays de la Loire), Océane Charret-Godard et Muriel Vergès-Caullet (Bourgogne-Franche-Comté).

Dans son intervention à l’ouverture des travaux au nom de Régions de France, Georgette Bréard  a rappelé les principaux constats et les attentes des Régions pour la suite des PRIC.

Les pactes régionaux permettent aux acteurs d’innover dans l’accompagnement et la formation des demandeurs d’emploi non qualifiés et des jeunes décrochés du système scolaire. Ils sont pluriannuels et permettent de donner sécurité et prévisibilité aux Régions pour investir dans des parcours de formation qualifiants. Ils ont été signés entre l’Etat et chaque Région courant 2019, après une première année de transition avec les plans de formation précédents (plan 500.000).

A ce jour, ces plans ont permis de doubler le nombre d’entrées en formation, passé de 200.000 en 2018 et à 400.000 en 2019. En 2020, c’est 450.000 entrées qui sont prévues. Toutes les Régions ont enclenché une dynamique de programmation. La formation est ainsi pleinement appréhendée comme une voie vers l’emploi. A terme, en 2022, l’objectif est au total de 2 millions d’entrées en formation. Les Régions sont responsables de la mise en œuvre des pactes jusqu’en 2022, mais dépendantes aussi de la performance des autres acteurs de la chaîne, notamment Pôle Emploi et le service public de l’emploi de manière générale, a noté Georgette Bréard.

Un enjeu primordial: le repérage des “invisibles”

Au delà de l’enjeu quantitatif (augmenter le nombre de formations offertes), les PRIC posent un enjeu qualitatif: mettre sous tension l’offre de formation et la faire évoluer pour répondre plus rapidement aux besoins dans une perspective de retour rapide à l’emploi. A cet égard, le repérage des publics dits « invisibles », c’est-à-dire ceux qui ne sont pas dans les radars du service public de l’emploi, est primordial. Il est la première étape indispensable dans la mise en œuvre des pactes. L’accompagnement doit permettre que ces publics puissent s’inscrire dans de véritables parcours sans couture, alternant des périodes de formation quelle qu’en soit la forme (alternance, AFEST, pré-qualifiant, qualifiant), d’immersion en milieu de travail, de retour en formation…

Cet exercice ne va pas de soi, il nécessite que les acteurs travaillent ensemble pour partager leurs informations et mieux articuler leurs dispositifs. Cet exercice est d’autant plus difficile que les publics visés par les pactes, notamment les bénéficiaires de minima sociaux, ne sont pas les plus enclins à se former. Il y a donc un travail particulier à mener avec les partenaires du service public de l’insertion, en premier lieu les Départements. Les pactes doivent permettre de mieux faire travailler ensemble acteurs de l’insertion et acteurs du service public de l’emploi, a souligné la représentante des Régions.

La rémunération des stagiaires abordée par les Régions

Les pactes sont aussi l’occasion d’identifier les freins et les irritants du système actuel de formation des personnes en recherche d’emploi. Ainsi la rémunération des stagiaires peut être un frein au développement de la formation pour les publics du pacte. La question de la réévaluation de cette rémunération a été abordée dans de nombreux pactes régionaux:

  • Bourgogne-Franche-Comté a ainsi par exemple décidé de doubler la rémunération des stagiaires de la formation professionnelle. La Normandie est en train de mettre en place un système similaire.
  • la Bretagne a également fait évoluer son dispositif d’aide en transformant les rémunérations des stagiaires en aides directes à ces derniers. Parmi les avantages d’une telle évolution, la possibilité d’avancer les fonds en début de mois au stagiaire et/ou de cumuler cette aide avec d’autres prestations notamment en matière de mobilité ou de garde d’enfants.

Les règles de la commande publique pour l’achat de formations collectives peuvent parfois limiter les solutions pour répondre à des besoins rapides de formations. Des réflexions doivent être menées avec l’Etat pour tirer les enseignements de ces cas et y apporter des solutions.

Le besoin d’une meilleure coordination Etat-Régions

Pour cette année 2020, les Régions attendent une meilleure coordination entre les pactes régionaux et les appels à projets et dispositifs financés sur le volet national du Plan d’investissement dans les compétences (PIC). Ces derniers sont souvent en concurrence directe avec des dispositifs régionaux. Leurs appels à projets diffusés en 2018/2019 ont été élaborés sans les Régions, pour leur contenus et modalités d’intervention.

Les Régions souhaitent ainsi qu’il y ait une possibilité de co-instruction des dossiers du PIC national en Région avec les DIRECCTE, pour éviter les concurrences de dispositifs et/ou d’appels à projets.

La réussite des pactes reposera enfin sur la capacité de réussir le reporting et la valorisation des bonnes pratiques. Pour l’instant, les données disponibles utilisées par l’Etat ne couvrent que les données de Pôle Emploi et ne prennent pas toujours en compte celles disponibles dans les bases de données des Régions. Les Régions seront très attentives à l’exercice d’évaluation des pactes. Il y a en particulier un enjeu d’articulation entre les travaux d’évaluation menés au plan national et ceux qui pourront être menés dans le cadre des pactes régionaux.

Les supports présentés lors de cette journée d’échanges

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