lundi 15 octobre 2018
12 octobre 2018

Atelier du Congrès #Regions2018: gouverner les Régions par la prospective ?

L’objet de cet atelier du Congrès #Regions2018 était de revenir sur l’apport des études et de la prospective à l’élaboration des politiques régionales.

Depuis leur création, les Régions mobilisent connaissance et expertise pour définir et articuler des stratégies aux différentes échelles territoriales qui les composent. Avec les réformes territoriales, la connaissance et la prospective produites sur et par un territoire sont un enjeu fort en termes de capacité de décision et d’action publique. Il s’agit de mutualiser les ressources en matière d’information, d’expertise et de prospective, permettant d’analyser et de comprendre les territoires et leurs contextes, afin de construire une action collective et une intelligence territoriale.

Concept

La prospective est un concept flou caractérisé par des pratiques très variées. Pour autant, elle s’articule généralement autour des axes suivants :

  • éclairer la décision (outil d’expertise) ;
  • s’articuler à l’action (outil de participation).

 Au-delà de ces axes, il convient aussi de souligner que les travaux de prospective permettent d’abord une mobilisation de l’intelligence collective.

Au-delà de l’aide à la définition de nouvelles orientations politiques, les travaux de prospective permettent avant tout de mobiliser l’intelligence collective, de donner un élan, de créer un mouvement.

Fabienne Goux-Baudiment, responsable du bureau d’étude, de recherche et de conseil en prospective proGective, enseignante en Master et membre de la section Prospective du Ceser d’Ile-de-France

De manière plus imagée, la prospective a pour rôle de « réconcilier la puissance et la sagesse ». Elle consiste à « faire la vaisselle, tout en regardant par la fenêtre ».

 

État des lieux

En France, beaucoup d’initiatives prospectives ont été lancées autour de la question du climat et des mutations sociétales.

Jean-Eric Aubert, Président de la Société française de prospective

L’Europe, les mutations économiques, sociales et sociétales mais aussi les grands bouleversements mondiaux (Exemple : changement climatique) incitent de plus en plus d’acteurs publics à initier des démarches prospectives. C’est la raison pour laquelle de nombreuses collectivités territoriales, dont plusieurs Régions ont engagé des travaux de prospective.

Dans le privé, il s’agit même souvent d’un enjeu de survie.

La prospective permet d’éviter le toboggan du renoncement.  En matière de construction, la prospective est essentielle prendre en compte les évolution urbanistiques, sociétales ou la raréfaction des ressources.

Virginie Alonzi, Directrice prospective chez Bouygues construction

 

Enjeux

 Mais la prospective est aussi confrontée à plusieurs problématiques :

  • la mise en adéquation du temps long (celui de la prospective) et du temps court (celui de l’action des élu(e)s) ;
  • la disponibilité des données nécessaires  ;
  • l’imprévisibilité de certains phénomènes (Exemple : crises agricoles, conséquences de la mondialisation et de l’interférence entre les pays).

Pour les collectivités territoriales et tout particulièrement, les Régions fusionnées, la prospective est essentielle pour pouvoir faire « Région ».

 En Région Grand Est, l’enjeu de la prospective a été de faire Région dans une Région où les disparités et spécificités sont importantes.

Xavier Albertini,Vice-président de la Région Grand Est en charge des projets transversaux, de la stratégie et de la prospective

 

Face aux évolutions liées à la mondialisation et au regard de notre interdépendance avec d’autres pays, la statistique ne peut apporter de signaux faibles. En Région Sud, cette fonction est permise par l’existence d’une direction liée à la prospective intermédiaire qui fait le lien avec les élus.

Alberto Lopez, Directeur régional de l’Insee Provence-Alpes-Côte d’Azur.

 

Perspectives

 S’il y a de toute évidence, un besoin d’acculturer les élu(e)s, il convient de battre en brèche l’idée selon laquelle ces derniers n’agissent qu’à l’aune de leur réélection. Dans cet esprit, le positionnement des Ceser consiste justement à sortir de cet écueil.

 

En matière de prospective, le positionnement des Ceser consiste à dépasser les clivages et les postures en offrant un éclairage complémentaire, à l’aune de la société civile mais aussi, une stratégie de la connaissance, au service de la décision politique.

Laurent Degroote, Président CESER de France

 

En conclusion…

 

 Si la prospective est très souvent mobilisée en temps de crise, son utilité l’est tout autant voire plus lorsque tout va bien

Philippe Durance, Professeur du Conservatoire national des Arts & Métiers et titulaire de la chaire «Prospective & développement durable

 

 

 

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